Local : Luc Binsinger

Vendredi 8 février 2008
M. le Maire sortant,

je tiens par le présent article à réagir au tout dernier billet que les personnes que vous chargez d'écrire sur votre blog, viennent de publier.

L'article commence par cette phrase : "« La ville est un immeuble » racontait David SARRADO, d’un regard tendre et naïf, plutôt fier de son idée en vieux Portois qu’il est depuis… 2005."

Je trouve ce comportement particulièrement sectaire.

A partir de combien d'années d'ancienneté dans une ville une personne serait-elle enfin compétente pour traiter des affaires locales ? Faut-il, comme vous, n'être qu'un "enfant de LA ville" pour prétendre la connaître ?

Je trouve cette position bien peu ouverte sur le Monde extérieur et cet esprit bien peu ouvert sur l'Autre. Il vous aurait peut-être été profitable de découvrir ce Monde, de vous ouvrir un peu à l'extérieur, de voir comment ça marche ailleurs.

Non, je ne suis pas Portois d'origine. Je ne le suis que d'adoption.
Mais depuis que je suis arrivé, en 2004 (et non en 2005, comme vos services de renseignements sur la vie privée de vos contribuables vous l'ont communiqué), je pense m'être parfaitement intégré dans la vie locale, entre autres parce que :

- dès 2004 j'ai intégré un club de sport de la ville,
- dès 2004, j'ai intégré le Nouvel Elan Portois dont je suis rapidement devenu trésorier,
- en 2007, je suis devenu Président de l'Association, ce qui prouve que mon engagement pour cette ville est intense et reconnu,
- dès mon arrivée, j'ai utilisé la structure de garde d'enfants "Les Canailloux" et depuis cette année, mes 2 premiers enfants vont à l'école à Saint-Nicolas de Port.

Non, je ne suis pas Portois d'origine. Je ne le suis que d'adoption.
Parce que les aléas de la vie universitaire d'abord, professionnelle ensuite m'ont conduit à me déplacer souvent. J'ai vécu à Nevers, où j'ai fait mes premières armes politiques. J'ai vécu à Dijon, où j'ai été élu au Conseil d'Administration de l'Université, où j'ai participé à en 1995 à la campagne municipale de François Rebsmen, actuel maire de la ville et n°2 du Parti Socialiste, et où j'ai été rédacteur en chef du journal d'un courant du PS. J'ai vécu à Longvic, où j'ai été candidat aux élections municipales de 2001, aux côtés du député-maire Michel Etiévant (remplacé depuis son décès par Claude Darciaux). J'ai vécu 3 ans en Allemagne, où j'ai eu l'occasion de confronter les perceptions françaises et allemandes de la Démocratie...

Alors, non, je ne suis pas Portois d'origine. Je ne le suis que d'adoption.
Mais je me suis ouvert l'esprit : j'ai travaillé avec des personnes d'horizons divers, j'ai travaillé avec des personnes aux méthodes variées. J'ai surtout vu vivre des villes et je suis en train d'en voir une mourir.

En outre, je trouve également regrettable que vous n'ayez pas compris la métaphore de mon discours, si "tendre" et si "naïf". Voulez-vous que je vous l'explique ?
De plus, vous trouvez que "cette vision un peu simpliste ignore la complexité d’une ville qui ressemble davantage à un corps humain en perpétuel mouvement qu’à un immeuble statique." C'est bien le problème, Monsieur le Maire sortant : il ne s'agit pas d'une ville, il s'agit de notre ville, Saint-Nicolas de Port. Des "villes - corps humains", j'en connais beaucoup en France. Et croyez-moi, cela n'a rien à voir avec notre ville.

Depuis que je vis à Saint-Nicolas de Port, pour ma conscience politique, je n'ai de cesse de m'informer de chaque dossier, de chaque histoire passée de cette ville. Je connais maintenant probablement aussi bien, sinon mieux, la plupart des dossiers de cette ville que le citoyen Lambda né ici (bien sûr, je ne parle pas de vous...).

Et pourtant, toutes les chamailleries que vos amis n'ont de cesse de remettre sur le tapis et qui remontent au déluge, à savoir qui a laissé partir une entreprise, qui a refait quel trottoir le siècle dernier, franchement... ça ne m'intéresse pas. Je ne suis pas dans cette ville pour ce qui s'y est produit il y a 10, 15 ou 30 ans. J'y suis parce que c'est aujourd'hui et demain qui m'intéressent.

Non, je ne suis pas Portois d'origine. Je ne le suis que d'adoption.
Alors peut-être voyez-vous d'un mauvais oeil ma présence dans cette ville ; peut-être me considérez-vous comme un étranger, comme un "Parisien" qui vient dicter sa loi...

Je trouve ce protectionnisme local (pardonnez-moi de le dire) bien peu rassembleur et bien peu tolérant. Je dois tenir, à ce sujet, de Heinrich Heine.

Veuillez agréer, Monsieur le Maire sortant, l'expression de mes meilleurs sentiments.

David Sarrado
Par Nouvel Elan Portois - www.saintnicolas2008.org
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